┐ Jean-Noël Pazzi └

© Jean-Noël Pazzi, figure 5 – les cadavres exquis, from the project In(ter)vention

© Jean-Noël Pazzi, forêt 6 – paysage, from the project In(ter)vention

© Jean-Noël Pazzi, figure 3 – les cadavres exquis, from the project In(ter)vention

“Ménager les site frappés de croyance comme indispensable territoire d’errement de l’esprit. Gilles Clément Manifeste du tiers paysage


Cela aurait pu être une belle histoire, un doux romantisme entre l’homme et la nature. Mais il n’en est rien. Je trafique, reconstruis et extrais. Je recherche des formes à construire ou à mettre en lumière. La nature a toujours été mon terrain de jeu; je la transforme.
Michel Foucault disait à propos des hétérotopies qu’ils sont des lieux précis, que l’on peut définir sur une carte, mais investis par des mondes utopiques. Un théâtre ou un musée, par exemple, sont des hétérotopies, définissables géographiquement mais investis par des mondes imaginaires; des mondes dans un monde. La nature a, pour moi, aussi cette faculté. C’est un lieu magique, un lieu imaginaire.
Mon travail est fortement lié à cet imaginaire, qui est vu au travers d’un prisme intermédiaire, celui d’un appareil photographique. Composée de deux séries (Les cadavres exquis et Paysages), In(ter)vention est une recherche de formes et de textures, où la nature est détournée au profit d’une interprétation personnelle de ses éléments constitutifs.
D’un côté, c’est une nature décontextualisée et arrangée par mes soins; des compositions traitées en studio. De l’autre, c’est le studio qui s’invite dans la nature et dévoile par la lumière des formes et des ambiances. Dans les deux cas, il y a de cette inquiétante étrangeté. La présence de la mort dans Les cadavres exquis ou l’ambiance nocturne des Paysages confère à cette série une dimension surréaliste.
Mon univers est la nuit, le monde des rêves, celui des chimères qui sortent de leur caverne. Des bruits nous guettent, ils nous survolent, nous effleurent. Un craquement à droite, puis des ailes se déploient, elles ululent, tourbillon: silence. Le vent soulève les feuilles. Il caresse nos cheveux et chante entre les pieds de géants feuillus. Un éclair! L’appareil à tout vu. Pour moi, encore une fois, c’est une figure étrange qui s’est dessinée dans l’ombre des branches. Une interprétation innocente, mue par la curiosité: une aventure.
C’est à cette étrangeté nocturne et sylvestre que je veux convier le spectateur.”

Jean-Noël Pazzi

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